
9 novembre 2012
1982
nineteen eighty two
1982
dix neuf cent quatre vingt deux
c'est du théâtre
et c'était à prévoir
une violence réelle plus sournoise
ils apprennent
dans leurs Hautes Écoles de Normes Supérieures
dans leurs Ecoles Normales de Haute Truanderie
à rentrer de force une norme 7 fois supérieure
à formater une Kultur
aujourd'hui minimaliste
alors 1876 ...
tiens un vigile chasse à cour des spectateurs
c'est du théâtre ?
et juste le reflet parfois de la vie réelle
un miroir si peu déformant
et même en deça
ils fini$$ent par en rire$
c'était à pleuvoir
une performeuse se fait refluer
dans une durée qui finit par être éprouvante
non intervention des spectateurs
c'est du théâtre
et dans la vie réelle
non intervention des chevaux de labourds
qui se mettent des lunettes noires
et plus aucun regard
plus aucune main tendue
aide-toi
the show must go on
les séquences cherchent l'épuisement
l'épuisement à satiété du geste répétitif
quelques dialogues souvent en anglais
quelques phrases en français
pour que les intellectuels parisiens
n'aient pas de difficultés à comprendre
la drolatique irrévérence culturelle
au son régulièrement de l'excellente musique de Wim Mertens
maizau$$i quelques marteaux piqueurs musicaux
signés Richard Wagner
le côté Grand Messe zieg heil continue d'en jeter
en toile de fonds un tableau de Maître
qui change en fonction des séquences
régulièrement le Verrou de Fragonard
une femme cougar également rappelant Toyen
quinze danseurs
7 femmes
8 hommes
souvent dans un même geste synchronisé
ou en couple
cadrant aussi la scène
comme un tableau vivant
rappelant cette école flamande
qui donnait à montrer les Maîtres
mais aussi les personnages ordinaires
souvent les plus singuliers
un couple de rois
nus
ils se lancent dans une danse nuptiale wagnérienne
puisque les statistiques finiraient bien par le montrer
les hommes et les femmes auraient compris
Normalement et
Supérieurement
qu'ils ne seraient pas faits pour vivre ensemble
le sacre d'une nouvelle identité
une espèce humaine ex vivo in vitro
Kiss
Kis$
Ki$$
à mesure que les séquences finissent par se succéder
pour mesure Jan Fabre joue un épuisement fascinant
ils ont fini par rétablir les jeux du cirque
demander aux cadres de se battre
éliminés par des chasseurs de tête
se battre à mort pour conserver sa place
une place de performer
une place d'ouvrier spécialisé de la Kultur
et maintenant en toile de fonds
le serment des trois $
(Olivier Nicolas Guillaume)
le serment des trois rapaces
les spectateurs prévoyants se sont munis de quoi boire
et manger
n'en déplaise à certains théâtre$ public$
qui interdisent jusqu'à respirer
la première aura duré 4h15
sans entr'acte
une durée et un principe répétitif comparables
à Einstein on the beach
auquel il rendrait aussi hommage
de même qu'aux Monty Python
on peut reconnaitre la silly walk
et d'autres emprunts clins d'oeil
Jan Fabre construit son théâtre dans la beauté
descendre à la gare de Berchem
parcourir la ville d'Antwerpen
et ses architectures et sculptures foisonnantes
c'est comprendre rapidement
d'où viennent cette grâce
cet art du détail
chers à Jan Fabre on a kiss

10 novembre 2012
du théâtre comme c'était à espérer
la Kultur du dominant
ils ne fabriquent plus que des Cons sommateurs
de la Kultur trébu$hante
€urodi$nait
$hanel
des adultes qui resteront toute leur vie
au stade de l'école primaire
une collection de chatons en peluche sur un bureau
des affiches de chatons
un coussin du réconfort
réconfort de quoi
finirait-on par se demander
et tous le même halètement de convoitise
la même flagornerie
tous au centre
tous prompts à écraser n'importe quel handicapé
qui aurait le malheur d'oser exister sur leur chemin
et plus que de la con sidération pour des chatons
qui rappellent si bien leurs peluches
plus que des chienchiens qui ouaffent oufent
les rares qui aboient vraiment
ils savent les museler
et les anxiolitic-et-toquer
plus qu'une religion
celle de l'Argent l'Argent l'4rgent
façonnés tous de la même marchandisation
tous consommateurs de parcs d'attraction
tous consommateurs de $o$a $ola
tous consommateurs de cigarettes
tous consommateurs d'ammonique
tous consommateurs de délices toxiques
tous consommateurs de tranquilisants
il tousse
- qu'est-ce que tu fais toi dans la vie
- I'm a beer drinker
Jan Fabre propose une messe religieuse de l'absurde
du Dada
du Kantor pour rentrer dans une certaine transe
les arènes d'aujourd'hui sont les toits des grattes ciel
d'un siège "social"
monter les étages du Mas - haut lieu de la kultur à Antwerpen
voir des dessins pour enfants
que l'on aurait vu avec nostalgie
dans des cours d'écoles primaires ou maternelles
mais là c'est comme de l'art officiel
Cons sommateurs
vous ne deviendrez jamais adultes
venez avec vos enfants
regarder le miroir
qui vous est tendu
c'est celui qui vous re$$emble
montez voir le panorama
ils ont mis de hautes vitres teintées
on ne peut plus voir qu'au travers d'un écran
déformant
il ne faudrait pas que vous puissiez voir vraiment
regarder de l'autre côté du miroir
et soudain comprendre la supercherie
qui vous donnerait envie de vous jeter
tous habillés en noir
tous habillés en petite veste noire
tous en Karl Anorexie Nazy Gallery
tou$ en anxiolitic-et-toqué$
tous en lunettes noires
il tousse
tell me what I see
when I look in your lies
is that you Baby
or just a brilliant disguise
le Pouvoir des folies théâtrales a été créé en 1984
la prévision de Dada
la prévision des Monty Python
la prévision de Georg Orwell
la prévision de Jan Fabre
étaient justes
et le constat est encore pire
le spectacle exclura probablement des enfants
ils resteront sagement dans leur cour d'école
parler de touche pipi
regarder le miroir que leur tend la télévision
d'aucuns pourront savourer d'entrer dans un temps
comme suspendu
un souffle
une bise
you know kiss
don't you
you have to put your lips together and
kiss
kiss

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